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Carte de crédit : meilleures offres en Suisse

a carte de crédit est aujourd’hui un moyen de paiement incontournable, utilisé par des milliards de personnes à travers le monde. Son histoire remonte à plus d’un siècle et s’inscrit dans la longue évolution des pratiques de prêt, de commerce et de paiement. De simples jetons de crédit en métal au début du XXᵉ siècle aux cartes sans contact et applications mobiles d’aujourd’hui, la carte de crédit a connu de nombreuses transformations. Voici un aperçu complet de son parcours historique.


1. Les premiers systèmes de crédit et jetons de paiement (début du XXᵉ siècle)

  • Systèmes de crédit informels
    Bien avant l’apparition des cartes de crédit au sens moderne, les commerçants proposaient déjà des systèmes de paiement différé à leurs clients de confiance. Par exemple, ils inscrivaient les achats « à crédit » sur des registres ou “ardoises”. Cette pratique a existé pendant des siècles, mais restait locale, dépendant de la réputation du client.
  • Jetons de métal et cartes en celluloïd
    Dès la fin du XIXᵉ siècle, certaines entreprises américaines (compagnies pétrolières, grands magasins) délivraient à leurs clients privilégiés des « charge coins » ou « charge plates », de petits jetons métalliques ou des plaques en aluminium. Le détenteur bénéficiait ainsi d’un compte ouvert lui permettant de régler ses achats ultérieurement.

    • Charge plates : Introduites dans les années 1920 et 1930, ces plaques comportaient les informations de base (nom du client, adresse, numéro de compte) et étaient embossées pour faciliter l’impression sur les reçus.

2. L’émergence des premières “cartes de crédit” universelles (1950-1960)

  • Diners Club (1950)
    L’année 1950 marque un tournant avec la création de la Diners Club Card. Son fondateur, Frank McNamara, aurait eu l’idée d’une carte de paiement universelle lorsqu’il se retrouva dans l’impossibilité de régler une addition au restaurant, faute d’argent liquide.

    • Initialement, la carte Diners Club était en carton et permettait à son détenteur de régler l’addition dans un cercle restreint de restaurants partenaires à New York.
    • Les détenteurs devaient régler l’intégralité de leurs dépenses à la fin de chaque mois (carte à débit différé).
  • American Express (1958)
    Bien qu’American Express ait vu le jour au milieu du XIXᵉ siècle comme entreprise de transport de valeurs et de chèques de voyage, elle lance en 1958 sa première carte de paiement.

    • Dans un premier temps, la carte American Express se présente comme un service premium, accepté dans un réseau sélectif d’hôtels, de compagnies aériennes et de restaurants.
    • Sa notoriété grandit rapidement et la marque deviendra l’un des acteurs majeurs du secteur.
  • BankAmericard (1958)
    En parallèle, la Bank of America (Californie) lance en 1958 la BankAmericard, qui deviendra plus tard la carte Visa.

    • À l’origine, la BankAmericard propose un véritable crédit renouvelable, permettant aux clients de rembourser leurs dépenses par acomptes mensuels, moyennant des intérêts.
    • Cette innovation bancaire popularise rapidement l’idée d’une carte de crédit accessible à un large public et plus seulement à une élite.

3. L’expansion de l’industrie et la structuration du marché (années 1960-1970)

  • Master Charge (1966)
    Plusieurs banques américaines s’unissent pour créer un réseau concurrent à BankAmericard, intitulé Master Charge (renommé MasterCard en 1979).

    • En mutualisant leurs moyens, ces banques accélèrent l’adoption de la carte de crédit, qui devient un service bancaire incontournable pour les consommateurs.
    • La standardisation des pratiques et des règles d’acceptation aide les commerçants à adopter cette nouvelle méthode de paiement.
  • Réglementations et lois
    Face à l’essor de l’endettement et à la démocratisation des cartes de crédit, les autorités américaines mettent en place les premières lois encadrant la protection du consommateur.

    • Truth in Lending Act (1968) : impose notamment aux émetteurs de cartes de crédit de divulguer clairement le taux d’intérêt et les frais liés à l’utilisation du crédit.
  • Internationalisation progressive
    Alors que Diners Club, American Express, BankAmericard/Visa et Master Charge/MasterCard se disputent le marché aux États-Unis, ils commencent à s’implanter à l’étranger par le biais de partenariats avec des banques locales.

    • Les cartes de crédit deviennent un moyen de régler des achats et des services dans les pays industrialisés, notamment en Europe occidentale et au Japon.

4. Évolutions technologiques (années 1970-1990)

  • L’arrivée de la bande magnétique
    Dans les années 1970, l’entreprise IBM développe la bande magnétique, qui permet de stocker les données du détenteur de la carte.

    • Elle facilite la vérification automatique des informations du porteur et réduit les fraudes liées à la copie des informations embossées sur la carte.
    • Le terminal de paiement électronique (TPE) commence à se généraliser, remplaçant progressivement le “fer à imprimer” (imprinteur manuel).
  • Naissance du GIE Cartes Bancaires en France (CB)
    En 1984, plusieurs banques françaises s’unissent pour créer le Groupement des cartes bancaires (CB).

    • Objectif : Mutualiser le réseau de cartes et de distributeurs automatiques (DAB), tout en garantissant l’interopérabilité entre les différents établissements.
    • Les cartes de débit et de crédit, sous la marque CB, se développent massivement, adoptant progressivement la puce électronique.
  • L’invention de la puce électronique et des cartes à puce
    La France, avec Roland Moreno, est pionnière dans le développement de la carte à puce (brevet déposé en 1974).

    • Au début, la puce est surtout utilisée pour les cartes téléphoniques prépayées et certains usages spécifiques.
    • Dans les années 1990, l’association EMV (Europay, MasterCard, Visa) voit le jour pour normaliser l’usage de la carte à puce en matière de paiement.
    • L’authentification par code confidentiel (PIN) se généralise, réduisant considérablement la fraude par falsification de signature.

5. Mondialisation et innovations récentes (années 2000 à aujourd’hui)

  • Généralisation de la carte à puce EMV
    Dès les années 2000, l’Europe et l’Asie migrent massivement vers le standard EMV. La carte munie d’une puce et d’un code PIN devient la norme, limitant les fraudes par carte volée (car la simple signature n’est plus suffisante).

    • Les États-Unis, longtemps restés à la bande magnétique et à la signature, adoptent progressivement ce système dans les années 2010-2015.
  • Contactless et paiement sans contact
    Les technologies NFC (Near Field Communication) permettent de régler ses achats sans insérer la carte dans le terminal ni taper le code pour de petits montants.

    • Introduit en Europe dans les années 2010, le sans contact est désormais devenu un standard, accéléré par le besoin de paiements rapides et, plus récemment, par les enjeux sanitaires (COVID-19).
  • Cartes virtuelles et paiements mobiles
    Avec la montée en puissance des smartphones, de nouvelles façons de payer émergent :

    • Apple Pay, Google Pay, Samsung Pay : ces applications stockent de manière sécurisée les informations de carte de crédit, permettant le paiement par simple approvisionnement NFC du téléphone.
    • Cartes virtuelles : Les banques ou fintechs génèrent des numéros de cartes temporaires pour limiter les risques de fraude lors des achats en ligne.
  • Crypto-cartes et néo-banques
    L’apparition des néo-banques (Revolut, N26, etc.) et des cartes reliées à des comptes en cryptomonnaies illustre encore la capacité du secteur à innover.

    • Certaines offres hybrides permettent de convertir instantanément des crypto-actifs en monnaie fiduciaire au moment du paiement.
  • Sécurité renforcée
    Devant l’explosion du commerce en ligne, la sécurisation des transactions devient cruciale :

    • 3D Secure : système d’authentification supplémentaire (SMS, validation biométrique, etc.).
    • Authentification biométrique : empreinte digitale, reconnaissance faciale pour valider l’achat.

6. Impacts sociétaux et perspectives d’avenir

  • Changements dans les habitudes de consommation
    L’accès facile au crédit renouvelable a transformé la relation des consommateurs à l’argent, parfois au risque du surendettement. Des campagnes de sensibilisation et des mesures législatives (taux d’usure, plafonnement des intérêts) visent à encadrer ces dérives.
  • Rôle clé dans l’e-commerce
    Les cartes de crédit/débit sont devenues un pilier du commerce électronique, permettant des transactions rapides à travers le monde.

    • L’émergence d’alternatives (PayPal, BNPL « Buy Now, Pay Later », etc.) n’enlève rien à la position centrale de Visa, MasterCard, American Express et Discover/Diners Club dans les paiements sur internet.
  • Vers des cartes biométriques et multi-interfaces
    Les fabricants travaillent sur des cartes biométriques (intégrant un capteur d’empreinte) pour encore plus de sécurité.

    • Parallèlement, l’écologie et la lutte contre le gaspillage poussent certains acteurs à proposer des cartes “écoconçues” (matériaux recyclés, bioplastiques).
  • Possibilité d’un futur dématérialisé
    À long terme, la carte physique pourrait disparaître au profit de solutions intégrées dans les smartphones, montres connectées, voire directement dans le cloud. L’essor de la tokenisation (un identifiant virtuel unique pour chaque transaction) renforce la sûreté des paiements.

La carte de crédit est passée en un siècle d’un statut d’objet réservé à une élite (les premiers clients des grands magasins et des restaurants new-yorkais) à un outil de paiement universel, adopté par des milliards de personnes à travers le monde. Elle s’est progressivement diversifiée (cartes de débit, cartes prépayées, cartes virtuelles) et continue d’évoluer, sous la pression des nouvelles technologies et des changements d’usages.

De la charge plate métallique à la carte à puce sans contact, la carte de crédit est étroitement liée à l’histoire économique et sociale contemporaine. Son développement futur pourrait la faire migrer encore davantage vers la dématérialisation, tout en maintenant des standards de sécurité et de facilité d’utilisation élevés. Quels que soient les supports ou les formes qu’elle prendra à l’avenir, la carte de crédit reste, à ce jour, l’un des piliers centraux du système de paiement mondial.

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