1) Le déroulé réel d’un rachat d’or à Lausanne (minute par minute)
Étape 1 — Accueil + tri rapide (1–3 min)
Le comptoir regarde ce que tu as et sépare généralement en familles :
- bijoux / débris (or “à fondre”)
- pièces / lingots (or “investissement”)
- montres
- objets “douteux” (plaqué, métal jaune non or)
👉 Déjà là, tu peux poser LA question :
“Vous rachetez au poids (fonte) ou vous valorisez aussi la pièce / la marque ?”
Étape 2 — Identification du titre (2–10 min)
Un pro va :
- lire les poinçons (750, 585, 375, 999…)
- confirmer si besoin via test (acide / appareil type analyseur)
- annoncer le titre retenu (ex : “18k confirmé”)
✅ Ce que tu veux entendre : une explication simple (“on retient 18k car poinçon + test OK”).
🚩 Mauvais signe : “je le sens” / “c’est sûrement du 14k” sans test.
Étape 3 — Gestion des pierres et éléments non-or (2–8 min)
C’est là que beaucoup perdent de l’argent.
Il y a 3 pratiques :
- On pèse brut puis on déduit un poids “pierres + monture” (le plus courant)
- On retire les pierres (rare en estimation express)
- On refuse de valoriser la pierre (fréquent si petites pierres)
✅ Bon signe : déduction annoncée et justifiée (ex : “on déduit X g car pierre + sertissage”).
🚩 Mauvais signe : “on enlève 30%” sans logique ni détail.
Étape 4 — Pesée (1–3 min)
- pesée par catégorie (18k/14k/9k)
- balance précise, idéalement visible
✅ Bon signe : le poids est noté devant toi.
🚩 Mauvais signe : pesée hors de ta vue.
Étape 5 — Calcul et offre (1–5 min)
Une offre sérieuse est calculée comme ça :
- Poids retenu × (carat/24) = équivalent en or fin
- or fin × prix du gramme (24k) = valeur “métal”
- puis le racheteur applique sa marge (risque, fonte, frais, marché)
✅ Bon signe : on te donne poids + carat + prix final.
🚩 Mauvais signe : “je vous donne 420.-” sans explication.
Étape 6 — Documents + paiement (2–10 min)
Selon l’établissement et le montant :
- présentation d’une pièce d’identité
- reçu/bordereau (description, poids, titre, prix)
- paiement (souvent virement / parfois cash selon pratiques et montants)
🚩 Méfiance si on refuse de faire un reçu clair ou si on pousse à “sans papier”.
2) Ce qui fait varier le prix (et comment repérer une marge excessive)
A) Bijoux “à fondre”
C’est souvent là que la différence entre deux comptoirs est la plus grande.
En pratique, beaucoup d’offres se situent à un pourcentage de la valeur “or fin” :
- petite quantité / bijoux avec pierres / incertitudes : plutôt bas
- quantité importante / tri propre / titres clairs : mieux
👉 Ton objectif n’est pas un pourcentage parfait, mais de vérifier :
- qu’ils ne sous-estiment pas le carat
- qu’ils ne déduisent pas trop de poids
- qu’il n’y a pas de “frais” flous
B) Pièces / lingots (investissement)
Généralement :
- écart au cours plus faible
- prix souvent annoncé de façon plus transparente
⚠️ Attention : certaines pièces ont une valeur supérieure au métal (rareté/état). Si le comptoir parle uniquement “au poids”, il peut te sous-payer.
C) Montres en or
Une montre peut valoir :
- au poids (or) si marque faible / état moyen
- bien plus si marque recherchée, mouvement, série, état, papiers
➡️ Si c’est une marque connue : fais au moins une estimation “horlogerie” séparée.
3) La méthode simple pour estimer “à la maison” (sans te tromper)
Tu veux juste un ordre de grandeur pour sentir si l’offre est cohérente.
- Pèse ton lot (même balance cuisine, ça aide).
- Applique le facteur carat :
- 24k = 1.000
- 18k = 0.750
- 14k = 0.585
- 9k = 0.375
- Regarde le prix du gramme 24k le jour même (en CHF/g) sur une source publique, juste pour avoir une référence.
Valeur métal théorique ≈ Poids × facteur carat × prix du gramme 24k
Ensuite, le racheteur proposera moins (marge + contraintes).
👉 Ça te permet surtout de repérer une offre anormalement basse.
L’or ouvre toutes les portes, éblouit tous les yeux, donne de la beauté aux laids, et de l’esprit aux sots. Pierre Larousse
4) Comment obtenir le meilleur prix en 60 minutes (stratégie concrète)
A) Fais 2 offres minimum (idéalement 3)
- Comptoir A : première offre
- Comptoir B : comparaison
- Optionnel : bijoutier/horloger si montre ou bijou de marque
✅ Tu compares uniquement sur 4 chiffres :
- carat retenu
- poids retenu
- déduction pierres
- prix final
B) Demande une offre “décomposée”
Phrase magique :
“Vous pouvez me détailler le poids par titre (18k/14k…) et la déduction pierres ?”
Un pro te le fait sans problème.
C) N’accepte jamais une “rétention”
Évite :
- “On garde l’or et on vous rappelle”
- “Laissez, on expertisera demain”
Sauf établissement ultra carré + reçu + procédure très claire.
5) Les 10 drapeaux rouges (tu pars)
- pesée hors de ta vue
- refus d’expliquer le calcul
- carat annoncé sans test alors que poinçon visible
- grosses déductions “au pif”
- pression (“le cours baisse, décidez maintenant”)
- pas de reçu / pas de détail écrit
- discours “trop beau pour être vrai” au téléphone
- conditions de paiement floues
- changement de prix après avoir “pris derrière”
- ambiance opaque (arrière-boutique, pas de transparence)
6) Questions ultra efficaces à poser sur place
Tu peux les enchaîner comme une checklist :
- “Quel titre retenez-vous pour chaque objet ?”
- “Est-ce que je peux voir la pesée et le poids noté ?”
- “Quelle déduction faites-vous pour les pierres et pourquoi ?”
- “Vous calculez sur quel prix du gramme 24k aujourd’hui ?”
- “Vous me faites un reçu avec poids/carat/prix ?”
7) Cas particuliers (où les gens se font le plus avoir)
Bijoux “marque”
Si tu suspectes une marque : ne vends pas au poids sans vérifier.
Lots mélangés
Si tu donnes tout en vrac, certains appliquent une moyenne défavorable.
✅ Trie toi-même ou exige un tri par carat.
Or dentaire
Parfois racheté, parfois non, parfois très décoté (alliages, incertitude).
✅ Demande clairement la méthode de test et la base de calcul.